Le premier livre du Japon

fr.m., un après-midi de l'hiver vers Sarashina. Le premier livre du Japon
38 pages sur verger Lalo ivoire, avec trois encres de Chine originales par l’auteur, serti par du papier torchon blanc.
12,5 x 30,5 cm
Achevé en octobre 2009
_multi, 3 exemplaires / 2 exemplaires sertis par du papier de mûrier incrusté de pois de senteur


Extraits

« Dolent, à la fenêtre – il revient lentement du lointain d’une songerie et doucement pose ses yeux sur le papier blanc – il approche les lettres avec le sens des choses.
C’est un morceau de papier blanc disposé dans la longueur avec seulement quelques mots, cinq vers, une majuscule, deux virgules et un point.

Cela pourrait être une partition de musique, c’est un paysage silencieux et interrogatif.

Il tient le livre dans la main et embrasse tout le tanka du regard, mais cela échappe. Il ne parvient pas à saisir le lieu du poème quand bien même il devine une rivière, la largeur des secondes et la couleur de l’air. La marge blanche est trop grande à traverser. Il cherche le chemin. Il erre.


C’est encore une île sans mémoire, un lieu de papier vierge. »





« Le Japon est pour lui et pour cet hiver encore, un archipel au nombre indéterminé d’îles, un amas nocturne de songes mouvants après « l’oubli dans le sommeil », réveil tardif dans la matinée avancée.

Il regarde l’estampe imprimée, les cerisiers de la montagne en bouquets et l’onde de la rivière suggérée. Il effleure le paysage. L’économie des traits et la concision des formes permettent d’annoncer le moment éphémère où les pétales de cerisiers tourbillonneront dans le vent au-dessus des brumes en lavis d’or.


Cela pourrait être le décor d’un conte zen, c’est une esquisse obombrée, inachevée et plate. Les fleurs de lotus sont ouvertes à mourir.
Déjà les fruits semblent mûrs. Certaines tiges sont longues et certaines tiges sont courtes dans ce paysage de printemps et de papier, quand tout autour c’est l’hiver. La véritable saison. »





« Des objets rituels, des outils, des parures.
Os, bois et laque.
Le décor de cordes est imprimé sur l’argile encore humide, après le polissage de la surface.
Vases, bouteilles à bec, jarres à ouverture décorée de flammes.
Cheval en argile.
Dogū de type mimizuku.
Sekibō. »